Normal, ou différent ?

Il y a un drôle de paradoxe auquel on se frappe dès que l’on commence à dessiner le corps humain.

Ce paradoxe vient avant tout de la contradiction profonde des attentes de l’être humain, chacun voulant être à la fois différent, … et normal !

Un grand nombre d’individus cherchent à se démarquer en se montrant différent des autres, en se voulant original de façon à se distinguer de la norme. Toutes sortes d’artifices sont utilisées à cette fin, variété de coupes et de teintures pour les cheveux, tatouages, piercing et abondance d’apparats vestimentaires.

Le paradoxe, c’est qu’en même temps, dès qu’il s’agit du corps, il faut surtout ne pas être « trop ceci ou trop cela ». C’est-à-dire que les proportions du corps demandent à être « parfaites », cette perfection n’étant ni plus ni moins un idéal fondé sur une norme stéréotypée, comme l’est par ailleurs le « parfait citoyen ».

L’attente d’une certaine forme de « perfection corporelle » est omniprésente dans l’imagerie culturelle, médiatique et particulièrement publicitaire. Cette pression normative implicite est également active dans la volonté de l’artiste dès qu’il cherche à produire une « belle image », une œuvre qui plaira au public.

Autant il peut se permettre toute l’originalité voulue dans sa façon d’habiller l’œuvre et le sujet, autant ses représentations corporelles devront se conformer à certaines normes s’il ne veut pas déplaire. À moins évidemment qu’il cherche intentionnellement à provoquer des réactions.

Le corps hors-norme suscite d’abord une certaine curiosité, pour ensuite s’attirer immanquablement jugements et moquerie quand ce n’est pas du mépris ou du rejet, avec toutes les formes de détresse qui peuvent s’ensuivre pour les personnes qui sont l’objet d’un tel regard. .

L’artiste, le photographe, le cinéaste ainsi que toutes les personnes qui véhiculent des images corporelles ont une certaine responsabilité dans la possible transformation du regard porté sur le corps.

Offrir une réelle place à la différence, non pour l’exploiter ou la ridiculiser, mais bien pour l’accueillir, pour l’inclure avec tendresse dans tout ce qui est aimé et aimable à notre cœur, est un premier pas en ce sens.

Source d’inspiration : photo tirée d’une revue naturiste

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