Archives pour la catégorie Approche du dessin

Études de rendu avec hachures et tonalités de peau

Au menu aujourd’hui,
quelques dessins de détails
pour mieux comprendre les techniques de dessin :

Deux nouvelles études de modelé du corps au moyen de hachures…

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…publiées sur le site de L’Atelier en ligne de Dessiner le corps

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…et une nouvelle démonstration de « dessin de tendresse » sur le site Dessiner au jour le jour.

 

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« Les détails de couple enlacés ne sont pas toujours faciles à traiter sur le plan graphique, tout simplement parce que dans certaines poses il devient difficile de décoder quelle est la partie du corps qui appartient à quelle personne.

La solution graphique utilisée par beaucoup d’artistes au traves des époques pour faciliter l’identification des corps féminin et masculin, a été de démarquer fortement la couleur de peau de l’homme et de la femme. »

 

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Retour à la pratique du dessin, ou comment se réconcilier avec « Pratica »

Quand, happé par les priorités de la survie matérielle, je quitte la pratique du dessin pour un temps, je me sens un peu comme un amant qui aurait temporairement tourné le dos à sa bien-aimée. Je peux difficilement revenir et reprendre la relation là où elle avait été laissée à elle-même, comme si de rien n’était.

En fait, je soupçonne ma pratique de dessin, appelons là « Pratica », d’être un peu jalouse. Quand je reviens la voir après mes péripéties mondaines, c’est rare qu’elle m’accueille les bras ouverts. Je dirais plutôt qu’elle me boude. La relation n’est pas facile. J’essaye de lui parler ou de faire un geste, mais elle ne me répond pas. Elle semble même insensible à mes tentatives de caresse.

Pas le choix, je finis par comprendre qu’il me faut retourner à la case départ. Lui donner du temps sans rien attendre d’elle (c’est ce que ma Pratica préfère). Elle veut que je sois tout à elle (très exigeante). Une fois réconfortée par mon attention exclusive (oui, exclusive), elle commence à s’attendrir et à se laisser séduire. Pour vous confier la vérité cela peut prendre plusieurs jours, et même plusieurs semaines, avant de gambader à nouveau main dans la main!

Arrêt obligatoire

détours incontournables

tâtonnements garantis

 

Nous préférerions toutes et tous « réussir » un dessin du premier coup, qu’il soit tout simplement extraordinaire! Malheureusement, il n’y a pas de truc ou raccourci garanti. Le processus de dessin est rarement linéaire. Il ne s’agit pas avant tout de se rendre du point « A » au point « B » de la manière la plus rapide possible. Ou du moins, si c’est ce que l’on fait, le dessin prend rarement la profondeur souhaitée. Il reste en surface, comme reflétant les limites du regard superficiel qui lui a été accordé.

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Pour illustrer ce parcours sinueux, parsemé d’embûches à surmonter, lire l’histoire d’un dessin en processus, recommencé à quatre reprises :

Tâtonnements, hésitations et reprises autour d’un visage endormi

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« Dessiner un visage endormi ramène à cette présence paisible qui émane de l’être lorsque celui-ci cesse de s’agiter. Peut importe l’âge de la personne qui dort, il y a toujours de l’enfance qui affleure du corps en repos.

La personne qui dort a d’une certaine façon déjà retrouvé son foyer de paix intérieur. Ce qui n’est pas nécessairement le cas de la personne qui est en train de la dessiner. »

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Apprivoiser sa propre différence

apprivoiser-difference Une nouvelle participation au livre Nus, devant le corps nu. Cette fois-ci le modèle et l’artiste sont une seule et même personne, le regard porté sur le corps de l’autre devenant le regard d’apprivoisement de sa propre différence.

“…Je me souviens de cette session de photos. Je me sentais tellement mal dans ma peau à cette époque. J’avais peur de me dévoiler, je me sentais si coincée dans mes blessures, dans ma façon de me voir.

J’avais à la fois très envie de me dévoiler, comme pour me libérer de cette tension terrible et destructive que je portais au travers du regard porté sur moi-même. Mais c’était difficile, je devais combattre la honte, la honte de montrer mon visage et mon corps tel quel.”

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Vouloir faire du beau à tout prix coûte cher!

Beaucoup d’aspirants artistes veulent « faire du beau ».

En d’autres mots, ils veulent réussir à pondre une image qui suscitera du respect, de l’admiration et  si possible des éloges. Pour ce faire, un grand nombre d’entre eux se mettront en quête du sujet parfait, dans une pose impeccable et avec une lumière idéale.

Car ils se disent secrètement dans leur tête : « si je réussi à trouver un sujet parfait dans une pose impeccable et avec une lumière idéale, la moitié du chemin vers la reconnaissance, l’admiration et les éloges sera accompli, et il ne me restera plus qu’à faire l’autre moitié du travail! »

Ce faisant, ils ne se rendent que très rarement compte qu’ils viennent de se mettre le pied dans un piège.

Un piège doté de puissantes mâchoires de fer ainsi que d’un mécanisme bien huilé, et dont il est très difficile de se libérer.

Pourtant, cela semble tout à fait légitime et naturel de vouloir procéder de cette façon, en voulant faire le mieux possible dans le meilleur des mondes. « N’est-ce pas ainsi que tous les grands artistes que j’admire ont fait? » se demande le débutant.

Dans les faits, il existe ici une importante différence de vision entre l’aspirant et l’artisan expérimenté.

L’aspirant artiste cherche tout naturellement à obtenir ce que lui-même accorde à ses maîtres ou modèles : la reconnaissance et l’admiration.

L’écart d’expérience entre le maître admiré et l’aspirant- admirateur fait en sorte que ce dernier a tendance à idéaliser tout ce que fait le premier.

L’aspirant se perçoit au pied d’une montagne dont le sommet baigne dans une aura de perfection presqu’infaillible. La motivation première de l’aspirant devenant d’atteindre ce sommet quasi inaccessible sur lequel le maître semble trôner.

Ce que fait le maître étant perçu comme beau et parfait, l’aspirant cherche tout naturellement à lui-même faire « du beau et parfait ». La conséquence de cette quête de beauté et de perfection est que dans la majeure partie des cas, sans même s’en rendre compte, l’aspirant cherchera également un sujet beau et parfait, ou à tout le moins un sujet qui se distinguera pour son originalité et sera admirable en lui-même.

C’est là que le « piège infernal » se met en place :

L’aspirant va répéter le schéma admirant-admiré qu’il entretient vis-à-vis de ses maîtres et projeter le même rapport vis-à-vis des ses sujets ou modèles.

Autrement dit, il va tendre à mettre le sujet du dessin ou le modèle « au-dessus de lui », comme il place naturellement ses maîtres au dessus de lui. Il aura tendance à surévaluer le sujet, et à dévaluer en conséquence son œuvre ou sa performance comme ne répondant pas à ses attentes de beauté et de perfection, qualités qu’il attribue à son sujet ou modèle.

La mécanique implacable du piège infernal étant que toute forme de surévaluation amène immanquablement à une forme de dévaluation, avec toutes les déceptions, frustrations et handicaps que cela peut entraîner.

Sans vouloir s’étendre sur le sujet, nous pourrions en parler longuement, un nombre impressionnant d’étudiants et amateurs de dessin tombent dans ce piège d’admirant-admiré qui, s’il semble leur amener quelques stimulations du point de vue motivationnel, se révèle plus que  souvent stérile et invalidant à l’usage.

Comment contourner ce piège?

Laissez l’admiration au vestiaire et concentrez-vous sur le verbe aimer!

Il est peut être utile de préciser ce que nous entendons par le verbe aimer, tant le mot est mis à toutes les sauces. Il ne s’agit pas d’un amour préférentiel qui s’écrie : « J’aime la crème glacée à la vanille et je déteste celle à la pistache », ou encore « je t’aime mais j’aime mieux (je préfère) ta sœur! »

Il s’agit d’avantage d’un  amour maternel ou paternel qui accueille et prend inconditionnellement dans les bras, quelques soient les petits travers et états qui font qu’un enfant est apparemment plus ou moins « aimable » sur le moment.

Contrairement à l’adage populaire, l’amour dont nous parlons ici ne rend pas aveugle (ce serait bien d’avantage le besoin d’admiration et de perfection qui dénature le regard et ultimement crée de l’aveuglement).

Le regard d’amour du cœur accueille et voit avec tendresse, sans créer de déchirure douloureuse entre ce qui est étiqueté beau et désirable d’un coté, et laid et à rejeter de l’autre, déchirure dont le sujet paye les frais consciemment ou inconsciemment.

Le miracle d’une véritable œuvre d’art (au sens traditionnel du terme) est précisément de guérir cette déchirure au travers d’un regard qui unifie et réconcilie, qui fait découvrir la véritable beauté et lumière inhérentes à toute manifestation de vie ou objet, au-delà des jugements évaluateurs, étiquetant et excluant.

L’artisan du dessin qui ouvre son cœur ne cherche tant à s’élever au rang d’un idéal à atteindre, il « s’abaisse » plutôt pour accueillir à bras ouverts la vie dans sa vulnérabilité et son apparente imperfection. Il ne demande plus à ce que le sujet lui fournisse un « plus », c’est lui-même qui vient offrir ce « plus » par le dessin, en actualisant un regard d’amour qui transfigure jusqu’au non-aimable.

C’est cet acte d’amour transfigurateur qui illumine l’œuvre de l’intérieur, et non la technique que l’on peut éventuellement prétendre maîtriser un jour, à force de persévérance.

En fin de compte, peu importe que l’on puisse percevoir que l’on a enfin atteint ou non une certaine expérience, maîtrise technique ou notoriété, puisque le geste amour lui-même est toujours à recommencer, comme au premier jour!

Et entre nous, quand quelqu’un prétend être « arrivé » quelque part en amour, c’est généralement qu’il se dirige tout droit vers une voie de garage et qu’il ne se nourrit d’ores et déjà plus que de souvenirs.

Car qui peut dire à quelqu’un : « je t’aime », tout en affirmant que cette déclaration est bonne une fois pour toute, n’ayant plus jamais aucune nécessité d’être réactualisée?

Du plaisir de l’amateur à la patiente pratique de l’artisan

Le plus difficile, pour le débutant en dessin, c’est de passer d’une mentalité de consommateur à celle de l’artisan créateur.

Le consommateur d’images dessinées reçoit le produit fini sur un plateau, c’est du tout cuit dans la bouche. Son seul souci est de déguster ce qui lui est servi. C’est une position assez facile et aisée.

Dans l’appréciation de ce qu’il goûte, il lui prend parfois de rêver à quel point son plaisir serait encore plus grand s’il était lui-même dans la position de créateur de ces belles images.

Évidemment, il s’imagine que cette création se ferait dans la même aisance et avec le même profit que lorsqu’il est dans le rôle de l’amateur-dégustateur.

D’où le découragement très rapide dès qu’il prend le crayon en main, n’y retrouvant pas du tout le même plaisir, ni la même facilité.

Cela peut prendre des années de pratique intensive pour que fleurisse une autre forme de « plaisir » – le terme « joie » serait sans doute plus approprié – celui d’offrir un regard différent.

Parce qu’il ne s’agit pas tant de la satisfaction d’avoir réussi à reproduire quelque chose que l’on a apprécié, que de devenir l’instrument d’une vision renouvelée et renouvelante.

Cette vision rafraîchissante n’a rien avoir avec ce qu’on appelle l’originalité, laquelle consiste à se démarquer des autres artistes. C’est plutôt une qualité de présence qui fait que, peu importe l’habileté technique, le regard qui transparaît au travers de l’œuvre renouvelle, élargit, libère et transforme la perception étroite de ce que notre mental croit être la seule et unique réalité, celle des apparences du monde extérieur.

Pour résumer, l’amateur cherche à reproduire son plaisir de dégustateur d’images, en reproduisant lui-même les images qu’il apprécie, la majeure partie du temps en fonction de son propre profit.

Tandis que l’artisan, à force d’études, de travail laborieux et de pratique soutenue, ouvre le passage à une vision élargie de la réalité, vision renouvelante qu’il offre à l’ensemble de l’humanité.

Connaître pour aimer, ou aimer pour connaître ?

Peut-on véritablement prétendre aimer quelqu’un si on ne le connaît pas ?  Si c’est le cas, on « aime » nécessairement plus l’idée que l’on s’en fait que la personne elle-même !

D’autre part, peut-on véritablement prétendre connaître quelque chose, un être vivant ou même un objet,  si on ne l’a pas au préalable aimé d’une façon ou d’une autre ?

Est-ce que c’est la connaissance qui précède l’amour, ou c’est l’amour qui vient avant ?

Ils sont tout probablement indissociablement liés : pas de véritable amour sans connaissance, sans embrasser toutes les dimensions de l’être connu, et pas de vraie et profonde connaissance sans amour.

En fait, tout dépend de ce que l’on appelle « aimer ». Si aimer quelqu’un, c’est d’en faire celui ou celle qui devra dorénavant pourvoir à tous nos besoins, si aimer c’est admirer en l’autre celui ou celle que l’on se blâme de n’avoir jamais été, si aimer c’est de vouloir s’approprier d’une façon ou d’une autre celui ou celle qui se trouve devant nous, il y a peu de chances que nous parvenions à vraiment connaître la personne « aimée ». Ou même à réellement aimer la personne que l’on prétend connaître.

Aimer, dans ce cas-ci, ne veut pas dire préférer pour telle ou telle autre raison, dans le sens de j’aime cette personne parce qu’elle est originale ou qu’elle correspond à mon idéal, ou j’aime tel arbre parce qu’il est majestueux est beau (alors que je n’aime pas l’autre qui est rabougri).

Aimer dans ce cas-ci, c’est le pari d’une rencontre signifiante sans idée préconçue. Seuls les tout-petits enfants excellent en la matière quand ils vous tendent les bras, à vous l’étranger, montent sur vous et vous plantent leurs yeux dans le fond des vôtres.

Cet enfant, à cet instant précis, ne voit que vous, ne voit que l’être qui est devant lui. L’espace-temps qu’il vous consacre n’existe que pour cette rencontre à laquelle il accorde toute son attention.

Pas étonnant que l’enfant demande en retour la même qualité d’attention, et qu’il est si souvent déçu du manque de véritable disponibilité des « grandes personnes », celles-ci ayant plus souvent qu’autrement la tête dans le nuage de leurs pensées, préoccupations et idées préconçues.

Le dessin attentif, concentré et fervent, est de la même nature que cette rencontre amoureuse et « exclusive » que vivent les petits enfants.

Ce dessin n’est pas un hobby pour se changer les idées, ni un passe-temps pour se désennuyer, encore moins une activité pour se mériter de l’estime et de l’admiration, une thérapie pour aller mieux ou une démarche pour gagner des sous. Pas plus que l’amour se voudrait un hobby, un passe-temps, une activité méritoire, une thérapie ou une démarche lucrative !

Le dessin le plus vivant n’a d’autre raison d’être que de dessiner l’être rencontré, comme l’amour le plus profond n’a d’autre raison d’être que d’aimer l’être rencontré.

Les deux ne peuvent être que pratiqués (la théorie étant totalement ineffective), les deux ne pouvant être entretenus que par le maintien de la pratique (Comment puis-je prétendre continuer à aimer un enfant si en pratique je lui refuse l’attention d’une rencontre en toute disponibilité ?)

Pour maintenir la pratique du dessin, s’y tenir à deux mains, une seule ne suffit pas !

La main droite pour la découverte et la connaissance, la main gauche (la main du cœur)  pour l’accueil et l’amour !

Explorer, …accueillir et aimer ce que l’on a exploré

Découvrir, …accueillir et aimer ce que l’on a découvert

Étudier, …accueillir et aimer ce que l’on a étudié

Approfondir, …accueillir et aimer ce que l’on a approfondi

Reconnaître, …accueillir et aimer ce que l’on a reconnu

Ainsi, en dessin, connaissance et amour vont ensemble main dans la main, un pas devant l’autre !

Connaître pour aimer, ou aimer pour connaître ?

Approche du dessin, étude du dessin, amour dessin, dessiner avec amour, aimer, dessin, pratique, connaissance

Peut-on véritablement prétendre aimer quelqu’un si on ne le connaît pas ?  Si c’est le cas, on « aime » nécessairement plus l’idée que l’on s’en fait que la personne elle-même !

D’autre part, peut-on véritablement prétendre connaître quelque chose, un être vivant ou même un objet,  si on ne l’a pas au préalable aimé d’une façon ou d’une autre ?

Est-ce que c’est la connaissance qui précède l’amour, ou c’est l’amour qui vient avant ?

Ils sont tout probablement indissociablement liés : pas de véritable amour sans connaissance, sans embrasser toutes les dimensions de l’être connu, et pas de vraie et profonde connaissance sans amour.

En fait, tout dépend de ce que l’on appelle « aimer ». Si aimer quelqu’un, c’est d’en faire celui ou celle qui devra dorénavant pourvoir à tous nos besoins, si aimer c’est admirer en l’autre celui ou celle que l’on se blâme de n’avoir jamais été, si aimer c’est de vouloir s’approprier d’une façon ou d’une autre celui ou celle qui se trouve devant nous, il y a peu de chances que nous parvenions à vraiment connaître la personne « aimée ». Ou même à réellement aimer la personne que l’on prétend connaître.

Aimer, dans ce cas-ci, ne veut pas dire préférer pour telle ou telle autre raison, dans le sens de j’aime cette personne parce qu’elle est originale ou qu’elle correspond à mon idéal, ou j’aime tel arbre parce qu’il est majestueux est beau (alors que je n’aime pas l’autre qui est rabougri).

Aimer dans ce cas-ci, c’est le pari d’une rencontre signifiante sans idée préconçue. Seuls les tout-petits enfants excellent en la matière quand ils vous tendent les bras, à vous l’étranger, montent sur vous et vous plantent leurs yeux dans le fond des vôtres.

Cet enfant, à cet instant précis, ne voit que vous, ne voit que l’être qui est devant lui. L’espace-temps qu’il vous consacre n’existe que pour cette rencontre à laquelle il accorde toute son attention.

Pas étonnant que l’enfant demande en retour la même qualité d’attention, et qu’il est si souvent déçu du manque de véritable disponibilité des « grandes personnes », celles-ci ayant plus souvent qu’autrement la tête dans le nuage de leurs pensées, préoccupations et idées préconçues.

Le dessin attentif, concentré et fervent, est de la même nature que cette rencontre amoureuse et « exclusive » que vivent les petits enfants.

Ce dessin n’est pas un hobby pour se changer les idées, ni un passe-temps pour se désennuyer, encore moins une activité pour se mériter de l’estime et de l’admiration, une thérapie pour aller mieux ou une démarche pour gagner des sous. Pas plus que l’amour se voudrait un hobby, un passe-temps, une activité méritoire, une thérapie ou une démarche lucrative !

Le dessin le plus vivant n’a d’autre raison d’être que de dessiner l’être rencontré, comme l’amour le plus profond n’a d’autre raison d’être que d’aimer l’être rencontré.

Les deux ne peuvent être que pratiqués (la théorie étant totalement ineffective), les deux ne pouvant être entretenus que par le maintien de la pratique (Comment puis-je prétendre continuer à aimer un enfant si en pratique je lui refuse l’attention d’une rencontre en toute disponibilité ?)

Pour maintenir la pratique du dessin, s’y tenir à deux mains, une seule ne suffit pas !

La main droite pour la découverte et la connaissance, la main gauche (la main du cœur)  pour l’accueil et l’amour !

Explorer, …accueillir et aimer ce que l’on a exploré

Découvrir, …accueillir et aimer ce que l’on a découvert

Étudier, …accueillir et aimer ce que l’on a étudié

Approfondir, …accueillir et aimer ce que l’on a approfondi

Reconnaître, …accueillir et aimer ce que l’on a reconnu

Ainsi, en dessin, connaissance et amour vont ensemble main dans la main, un pas devant l’autre !

Abandonné dans ses bras.

C’est peut-être lorsque l’on accepte de totalement s’abandonner dans les bras de la vie que l’on se sent le moins abandonné par elle.

En tant qu’être humains nous avons sans cesse le réflexe de croire que tout dépend de notre propre capacité de contrôle.

Des milliards d’actions se produisent à chaque seconde à l’intérieur de notre propre corps comme sur l’ensemble de la planète et dans le système solaire, phénomènes sans lesquels nous ne pourrions ni vivre, ni même prendre conscience de quoi que ce soit.

D’une certaine façon, ce que l’on pourrait appeler la grande Mère universelle ne cesse de s’occuper de nous à chaque instant.

Et pourtant, nous ne voyons ni ne percevons la présence subtile de ses bras, tout occupé que nous le sommes à nos propres affaires. Il n’y a peut-être parfois que dans le véritable abandon, quand nous avons lâché prise de toute forme de contrôle, que nous reconnaissons la tendre plénitude de la vie qui nous habite et nous entoure. La majeure partie du temps, nous n’en avons même pas conscience, ce relâchement de toute tension ne se produisant que dans le sommeil profond.

Le processus de dessin est un peu comme ce lâcher prise au creux du nid de la vie, à la fois toute présence et conscience, et en même temps abandon total du nouveau-né dans les bras de sa mère.

Tendre patience

Pour revenir sur le sujet du «dessin de tendresse », il s’agit peut-être et avant tout d’un dessin de « tendre patience ».

Parce qu’en pratique, contrairement à ce que bien des théories nous laissent entendre, un dessin, ça ne se contrôle pas, …ça s’attend.

On « attend » un dessin exactement de la même manière que l’on attend qu’un enfant fasse ses premiers pas, sans presse et sans rien forcer.

Et oui, attendre un dessin peut prendre beaucoup, beaucoup de temps. Ce visage d’enfant, pas plus grand qu’un pouce d’adulte, a déjà été recommencé cinq fois depuis le premier croquis.

Croquis d'un visage de garçon

Et comme dans le cas d’un enfant, rien ni personne ne peut prédire combien de fois il va encore se transformer avant de prendre sa forme.

Dessin d'un visage de garçon

Tendre patience…