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Retour à la pratique du dessin, ou comment se réconcilier avec « Pratica »

Quand, happé par les priorités de la survie matérielle, je quitte la pratique du dessin pour un temps, je me sens un peu comme un amant qui aurait temporairement tourné le dos à sa bien-aimée. Je peux difficilement revenir et reprendre la relation là où elle avait été laissée à elle-même, comme si de rien n’était.

En fait, je soupçonne ma pratique de dessin, appelons là « Pratica », d’être un peu jalouse. Quand je reviens la voir après mes péripéties mondaines, c’est rare qu’elle m’accueille les bras ouverts. Je dirais plutôt qu’elle me boude. La relation n’est pas facile. J’essaye de lui parler ou de faire un geste, mais elle ne me répond pas. Elle semble même insensible à mes tentatives de caresse.

Pas le choix, je finis par comprendre qu’il me faut retourner à la case départ. Lui donner du temps sans rien attendre d’elle (c’est ce que ma Pratica préfère). Elle veut que je sois tout à elle (très exigeante). Une fois réconfortée par mon attention exclusive (oui, exclusive), elle commence à s’attendrir et à se laisser séduire. Pour vous confier la vérité cela peut prendre plusieurs jours, et même plusieurs semaines, avant de gambader à nouveau main dans la main!

Arrêt obligatoire

détours incontournables

tâtonnements garantis

 

Nous préférerions toutes et tous « réussir » un dessin du premier coup, qu’il soit tout simplement extraordinaire! Malheureusement, il n’y a pas de truc ou raccourci garanti. Le processus de dessin est rarement linéaire. Il ne s’agit pas avant tout de se rendre du point « A » au point « B » de la manière la plus rapide possible. Ou du moins, si c’est ce que l’on fait, le dessin prend rarement la profondeur souhaitée. Il reste en surface, comme reflétant les limites du regard superficiel qui lui a été accordé.

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Pour illustrer ce parcours sinueux, parsemé d’embûches à surmonter, lire l’histoire d’un dessin en processus, recommencé à quatre reprises :

Tâtonnements, hésitations et reprises autour d’un visage endormi

visage-endormi

« Dessiner un visage endormi ramène à cette présence paisible qui émane de l’être lorsque celui-ci cesse de s’agiter. Peut importe l’âge de la personne qui dort, il y a toujours de l’enfance qui affleure du corps en repos.

La personne qui dort a d’une certaine façon déjà retrouvé son foyer de paix intérieur. Ce qui n’est pas nécessairement le cas de la personne qui est en train de la dessiner. »

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Apprivoiser sa propre différence

apprivoiser-difference Une nouvelle participation au livre Nus, devant le corps nu. Cette fois-ci le modèle et l’artiste sont une seule et même personne, le regard porté sur le corps de l’autre devenant le regard d’apprivoisement de sa propre différence.

“…Je me souviens de cette session de photos. Je me sentais tellement mal dans ma peau à cette époque. J’avais peur de me dévoiler, je me sentais si coincée dans mes blessures, dans ma façon de me voir.

J’avais à la fois très envie de me dévoiler, comme pour me libérer de cette tension terrible et destructive que je portais au travers du regard porté sur moi-même. Mais c’était difficile, je devais combattre la honte, la honte de montrer mon visage et mon corps tel quel.”

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Tendresse, intimité et rondeurs

Bulletin du 5 mai 2011

Démonstration de dessin :
Une autre caresse de tendresse

etreinte-tendresse Un nouveau dessin de geste de tendresse entre un homme et une femme, toujours pour répondre à l’engagement de Dessiner le corps face à la demande de visiteurs du site (celle de voir plus de tendresse sur Internet)

Réalisation du dessin pas à pas et petite histoire de la séance de pose à l’origine de la création de cette image.

Et pour poursuivre, toujours sur le sujet de la représentation de la tendresse et l’intimité, un nouveau texte :

Le dessin de l’intimité

Cela fait longtemps que nous voulions aborder le sujet, c’est fait, voici un premier article qui survole le délicat sujet du dessin de l’intimité.

Plus le sujet dessiné se rapproche de l’intimité humaine, plus la réalisation du dessin devient délicate. Autant l’être humain a un besoin vital d’intimité, autant il y aspire de toutes sortes de façons, autant l’image même de l’intimité peut susciter en lui toutes sortes d’émotions contradictoires. Le dessinateur qui désire explorer cette thématique doit savoir qu’il rentre sur un terrain sensible, et potentiellement explosif, dès qu’il entend diffuser son dessin à un public élargi.

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Apprivoiser ses rondeurs

Dans l’espace-partage Pour l’amour de la différence, une participante vient de nous envoyer plusieurs dessins en hommage au « corps généreux » :

corps-genereux-face Je cherche à apprivoiser mes propres rondeurs. Avec ces dessins, je me suis lancée sans réfléchir et j’ai pris plaisir à souligner le ventre abondant et les chairs généreuses. J’ai ressenti un véritable plaisir à dessiner cette « sœur » et j’ai senti aussi une grande tendresse pour cette femme qui s’est offerte comme modèle et pour ce corps sensible et innocent.

Trois articles à voir : Corps généreux, Nu généreux de dos, et Dessin d’un modèle avec rondeurs

Visiter le site au : http://dessintraitdunion.net/different-e