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Dessiner le corps âgé et rajeunir le regard

Bulletin du 3 juillet 2011

Rajeunir le regard

Le regard de l’humanité est vieux, immémoriablement vieux et empoussiéré. Malgré l’incessante volonté, en particulier des nouvelles générations, de jeter à la poubelle tout l’héritage de valeurs et idées préconçues de leurs parents, l’humanité ne cesse d’accumuler les conditionnements et réflexes de jugements, aussi subtils ou socialement acceptables puissent-ils être!

Comment rajeunir le regard? Comment le désencombrer de ce qui le conditionne?

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Dessiner le corps marqué par le passage du temps

dessin-corps-age-200 Comment dessiner les reflets de l’âge sur le corps tout en rendant hommage à toute la plénitude de vie qui l’habite? Une démonstration de dessin réalisée avec un simple crayon à mine et de la poudre de graphite.

Pourquoi ne voit-on pas plus souvent d’œuvres représentant le corps marqué par l’âge? L’homme contemporain va célébrer la beauté d’un vieil arbre centenaire, mais il va cacher le corps vieillissant comme s’il s’agissait d’un motif de honte.

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Participation : Images sur l’anorexie

anorexie-1 Une nouvelle contribution sur le site Pour l’amour de la différence, cette fois-ci sur le thème de l’anorexie. Il nous est habituellement très difficile de voir des images d’extrême maigreur, peut-être parce que ces images évoquent les dimensions souffrantes du manque et de la mort. Par opposition, beaucoup de cultures ont associé la plénitude des rondeurs à la santé et à la beauté. Comment se fait-il que tant de jeunes femmes, dans nos pays bien nantis, se perçoivent systématiquement trop enveloppées, au point d’en arriver à décharner leur corps ?

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Entre l’image à « jeter après usage » et l’œuvre picturale qui traverse les siècles

Toute œuvre approfondie, réalisée au cours d’un processus étendu, cherchera intuitivement un espace et une liberté intérieure, un dégagement de l’enchaînement aux apparences temporelles, ce qui lui donnera une forme de pérennité.

C’est cela qui fait la différence inexplicable entre un instantané photographique ou pictural à consommer sur le champ, et le cas échéant à « jeter après usage », avec une œuvre qui traverse inexplicablement le temps et les époques sans que jamais les regards extérieurs ne parviennent à en épuiser les ressources profondes.

À notre époque de rapidité et surconsommation, le « fast food » étant autant de mise dans les domaines de l’image que de la nourriture, le regard du spectateur ne s’attarde souvent pas plus que quelques secondes sur l’image exposée ou publiée.

L’instantané à consommer rapidement se trouve dès lors dans la « nécessité vitale » de chercher à être attrayant et à attirer l’attention par tous les moyens.

L’image contemporaine ressemble à une personne perdue dans une immense foule. Elle n’a que quelques secondes pour réussir à se faire remarquer aux yeux d’un visiteur étranger qui passe en voiture au travers de la ville. L’image en quête d’attention tentera dès lors de « sur-paraître », de se surpasser en ses apparences et en ses spécificités : couleurs plus vives, formes plus stylisées, expression caricaturale, contenu agressif, etc., de façon à se distinguer des autres et à s’attirer le regard convoité.

L’expression picturale de notre époque, fortement influencée par la publicité, est profondément marquée par cette course effrénée à la visibilité.

L’œuvre picturale de longue durée est dans une dynamique inverse. Elle va, au contraire de l’art commercial, chercher à adoucir tout ce qui est trop agressif ou personnalisé de façon à ouvrir une fenêtre dans le mur des apparences et des différences. Cette œuvre va, dans le processus même de son enfantement, gratter patiemment la surface du paraître pour laisser transparaître le mystère sous-jacent et universel caché en arrière de toute apparence.

Pour résumer, la différence entre l’image à consommer sur le champ et l’œuvre qui se perpétue au-delà des temps peut se comparer dans le premier cas à une bouteille d’eau qui se vide après avoir été consommée, et dans le deuxième cas à une source connectée à de profondes nappes d’eaux souterraines, source à laquelle l’assoiffé pourra boire à volonté sans que celle-ci ne se tarisse.

Cet article a été écrit parallèlement à la création du dessin ci-dessous, alors que le processus de son « enfantement » se prolongeait de retouches en modifications. Voir les articles Jeune mère se penchant pour prendre son bébé ainsi que son complément Corriger ou modifier un dessin au graphite pour suivre toutes les étapes de la création du dessin.

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Jeune maman se penchant pour prendre son bébé – Dessin au graphite