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Le parcours intérieur du dessin, suite

Dans le prolongement de l’article La « grande aventure intérieure » du dessin, voici un autre texte intitulé :

Apprendre à voir de l’intérieur

Beaucoup de personnes ne voient pas réellement ce qu’ils dessinent. Ils ont une perception visuelle de la forme qu’ils sont en train de copier, mais cette forme leur reste extérieure, périphérique et dans une certaine mesure abstraite. Ils tentent avant tout d’en reproduire les apparences, ils n’accueillent pas celle-ci au-dedans d’eux, ils ne la « vivent » pas.

Lire l’article

Découvrir aussi la suite de la démonstration de dessin Penchée au-dessus des feuilles qui devient :

Penchée au-dessus du nouveau-né

Le dessin continue à se transformer de l’intérieur, dans le sens qu’il représente une dimension vécue en dedans, et non le jeu des apparences extérieures. Parti d’un simple croquis, le dessin a abouti sur la bannière du site :

dessiner-le-corps 

Démonstration de dessin en fichier PDF

Certains lecteurs nous ont demandé s’il serait possible d’obtenir les démonstrations en format PDF, pour que celles-ci soient plus faciles à imprimer et à lire. Nous faisons un premier essai : la démonstration complète du processus de dessin regroupant les articles Penchée au-dessus des feuilles et Penchée au-dessus du nouveau né est disponible sur demande. Il suffit d’envoyer un message courriel avec la simple mention du fichier : Demo-1-PenchéeFeuille

Nouveautés à dessinerlecorps.org

Nous sommes de retour après avoir pris un temps d’arrêt pour mieux envisager la prochaine étape de développement des différents sites.

Durant les deux dernières années, nous avons publié plus d’une centaine d’articles, de démonstrations et de tutoriels sur le dessin du corps, principalement sur les sites dessiner au jour le jour et l’atelier en ligne. Pour que les exemples demeurent faciles d’accès à tous, la presque totalité des dessins ont été réalisés au moyen d’un simple crayon à mine HB (graphite) appliqué sur une feuille de papier cartonné de format standard (lettre ou A4), en se concentrant exclusivement sur le dessin d’observation du corps. Aucune utilisation de matériel dispendieux ou spécialisé, aucune technique hors de portée n’a été suggérée.

Nouvelle approche

Nous proposons maintenant d’aller un peu plus loin dans la description du processus de dessin, en abordant des formats un peu plus grands ainsi qu’en intégrant différentes techniques et approches plus avancées, dont l’utilisation de charpentes, la création de nouvelles compositions en fusionnant les éléments de diverses images, la modification de l’angle d’éclairage, l’ajout de drapés sur le corps, et plus.

Nouveau site consacré au parcours intérieur du dessin du corps

Cette nouvelle branche de Dessiner le corps est entièrement consacré au processus « intérieur » du dessin du corps, c’est-à-dire à la façon dont il a été vécu par la personne qui dessine. Le premier objectif du « dessin intérieur » n’est pas de reproduire à la perfection les apparences du monde visible, mais plutôt d’accueillir ce reflet extérieur à l’intérieur de soi et d’en reconnaître la présence, le langage et le sens profond. Même si pour cela l’interprétation des formes peut prendre une distance du monde visible pour mieux révéler ce qui est plus caché ou peu visible.

Pour mieux comprendre l’approche de ce nouveau site, présentant une nouvelle interface avec des images plus grandes et plus détaillées, lire la page :

La « grande aventure intérieure » du dessin

“Pour peu que l’on dépasse le stade du simple loisir passager et occasionnel, la pratique du dessin se présente comme un parcours révélateur donnant accès à des espaces d’intériorité insoupçonnés. Le dessin du corps en particulier, touchant à la racine même de l’existence humaine, recèle en lui-même une infinie variété de sens et de symboles universels”.

Voir aussi, toujours sur le même site, le premier article consacré à « l’aventure intérieure » du dessin du corps :

Penchée au dessus des feuilles

dessin-corps-interieur

Une nouvelle démonstration sur le processus de création d’un dessin, avec l’accent sur le parcours intérieur, présentant les diverses étapes et changements, ainsi que le recours à certaines techniques comme celles de la charpente et du rabattement.

 

Et pour finir, une autre nouveauté pour répondre à certaines de vos demandes : certaines démonstrations et regroupements d’articles seront bientôt disponibles sur demande en format PDF afin d’en faciliter l’impression et la lecture!

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Se nourrir au sein du dessin

Il y a quelque chose que celle ou celui qui ne vit pas profondément l’acte du dessin ne pourra jamais comprendre ni même deviner.

Parce que le regard extérieur, à l’évocation de la pratique du dessin, se pose d’abord la question du pourquoi. Pourquoi est-ce que je dessinerais ? Qu’est-ce que le dessin va m’amener ?

Est-ce que je pourrais en retirer la satisfaction d’avoir développé une habileté particulière ? Ou encore mieux, vais-je m’attirer de l’attention et de l’admiration au moyen des œuvres que je produirais ? Puis-je en plus espérer en retirer un avantage pécunier, au moyen de la vente de ces œuvres ?

S’il est vrai que la pratique artistique peut éventuellement amener à l’un de ces objectifs, ou même aux trois, la profonde et paisible perpétuation de cette pratique n’est en aucune manière liée à ces apparentes motivations.

Oui, beaucoup d’aspirants au dessin abandonnent parce qu’ils se découragent faute de ne pouvoir rencontrer leurs attentes, et oui, certains continuent motivés par l’atteinte de leurs objectifs.

Qu’en est-il des autres ? Sous l’angle de la psychologie, l’analyse motivationnelle pourra révéler divers besoins compensatoires qui font qu’une personne continue à dessiner même si cette action semble être en elle-même complètement inutile, n’amenant aucun avantage mesurable. Besoin de créer un monde de rêves, nécessité d’exprimer des angoisses refoulées, recherche d’une beauté transcendante, une façon comme une autre de remplir un vide existentiel, etc…

Le regard extérieur demandera également : Quelle est la motivation de l’artiste qui dessine tel ou tel autre sujet ? Est-ce que le dessin se présente comme un substitut au fait de ne pouvoir accéder à tel ou autre dimension de la vie, comme une manière de s’approprier par le crayon ce dont on se sent dépossédé ? Est-ce qu’il se compare à toutes les autres façons de vivre par procuration dans les labyrinthes indéfinis des univers virtuels ?

Peut-être, pour certains.

Mais qu’en est-il des personnes qui semblent être nourris du simple fait de dessiner ce qui se présente à leur regard, sans aucun artifice, ni recherche de performance esthétique ou encore moins de quête d’expression ?

Ces personnes, avant tout contemplatives, œuvrent un peu comme des « comédiens du dedans », incarnant par le dessin les personnages et les scènes, non pas devant l’auditoire extérieur d’une scène publique, mais bien dans l’amphithéâtre de leur cœur, devant leur propre regard intériorisé.

Ce faisant, ils ne partent pas tant à la conquête d’une réalité extérieure leur faisant défaut, mais sont plutôt en reconnaissance de la richesse insoupçonnée qui se révèle dans leur propre intériorité par l’acte du dessin. Ces personnes sont littéralement nourries « au sein du dessin », comme le petit enfant l’est au sein de sa mère.

Ils sont beaucoup moins dépendants de l’obtention de quelque chose appartenant à la réalité extérieure, tel que les analyses motivationnelles pourraient le laisser croire à priori. Ils jouissent au contraire d’une forme de plénitude et d’une liberté intérieure qui favorise la créativité.

Ci-dessous, une série d’esquisses sur le sujet de l’enfant au sein.

Même si la séquence de dessins s’inspire directement de la réalité extérieure, le but de la série d’esquisses n’est pas tant de maîtriser l’apparence d’un sujet particulier que de reconnaître cette dimension à l’intérieur de soi-même. Il subsiste de tout temps, à l’intérieur de chacun d’entre-nous, un tout petit enfant encore au sein de sa mère. Dans certains cas nous l’avons complètement oublié, tellement nous nous sommes identifiés à notre apparence extérieure.

Si je m’extrais de la réalité de cet enfant au sein, ne la reconnaissant pas comme mienne, cette dimension me devient totalement étrangère, à tel point que je pourrais le cas échéant me sentir en manque de l’innocence et de la plénitude manifestée par cet enfant.

Si je reconnais cette réalité comme étant éternellement mienne, comme l’ensemble des réalités le sont à l’intérieur de toutes les personnes, de la même façon que la totalité des codes génétiques est inscrite en chaque cellule, je participe à la même plénitude que celle de cet enfant au sein.

Dans ce cas-ci, le fait de dessiner cette série d’esquisses a directement inspiré un dessin « intérieur » sur le thème du renouveau et du printemps.